Sous la peau

D’après Haruki Murakami.

Création au GLOB THEATRE du 9 au 18 décembre 2004

Reprise au TNT en octobre 2005 pour 4 représentations avec l’aide de l’OARA.

Production compagnie LE GLOB

 

Une piscine, un écran-miroir, une scène évoquant un jardin japonais, tel est le cadre de ce jeu d’ombres et de reflets, inspiré d’une nouvelle de l’écrivain japonais Haruki Murakami ; l’histoire d’une femme qui ne dort plus, ou comment la privation de sommeil fait basculer le quotidien dans le fantastique. Seule en scène, Muriel Barra incarne l’errance de ce personnage, tandis que s’écrit dans l’espace le texte de Murakami. Fondant ses jeux de lumière dans le bassin d’eau claire, JL Ollivier célèbre l’image en mouvement et les émotions de la chair. « Sous la peau » offre à voir le ballet solitaire d’une femme épousant l’eau, glissant à sa surface, roulant dans les éclaboussures. Travail sur l’esthétique, opéra d’images, musique cristalline de Meredith Monk, très belle fluidité de la danse, le pari de JL Ollivier est comme toujours de donner du sens à cette symphonie conçue pour troubler les âmes autant que pour le plaisir des yeux.

Avant-première SUD-OUEST. 8 décembre 2004

Critiques

D’abord on ne voit pas cette femme qui parle d’elle et de sa vie rangée dans une boîte. Puis on la devine, alors qu’elle ne parle plus et nous invite à lire la suite, sur l’écran dont elle se joue. On la suit des yeux tandis qu’elle orchestre autour d’elle, et sur elle, un savant glissement des images et du désir. Jeu de transparences très élaboré, composition-gigogne pour raconter une histoire, en montrer une autre, douter de la première… On songe à Kieslowski, à sa Béatrice incarnée par Irène Jacob. Muriel Barra danse comme une orientale, mains d’oiseau au ras de l’eau, et soudain geisha convulsive comme déchirée par le bûto, tandis qu’elle traverse l’image de son corps et va rouler dans l’eau. Dans l’espace entre la femme et son reflet, face aux mots qui la dévoilent et à sa peau habillée-déshabillée, dans les éclaboussures et la lumière qui coule, un spectacle subtil prend forme, déroutant parfois, toujours envoûtant. Avec cette discrétion qu’on lui connaît et qui cache un patient travail, Jean-Luc Ollivier vient d’offrir une surprise. « Sous la peau » arrive sur scène comme une suite aboutie des créations précédentes montées par le metteur en scène du GLOB. Duo de talent avec la chorégraphie dessinée par Muriel Barra.
Jean-Noël Cadoux. SUD-OUEST.14 décembre 2004.

Distribution