Oblacna Nebesa

(CIELS SOMBRES)

 

Spectacle produit par le SARTR (Théâtre de Guerre de Sarajevo). Direction : Safet Plakalo

Création dans le cadre du festival international de Sarajevo, MESS, en octobre 2006. Reprise à Bordeaux dans le cadre de Novart de la même année. Tournée en Bosnie-Herzégovine entre 2006 et 2008.

Avec le soutien de l’ambassade de France en Bosnie-Herzégovine.
Oblacna Nebesa poursuit le portrait de l’artiste déjà abordé dans la chambre des visions, à travers l’histoire d’un peintre (Dragan Jovicic) et de cinq femmes, réelles ou fantasmées, présentes ou passées, mais toujours obsédantes. Le plateau devient ainsi l’univers mental de l’artiste, sans frontières de temps. Mémoire ou fantasme, la dramaturgie brouille les pistes pour mieux rapprocher le spectateur du trouble de l’être. Un sentiment de perte de repères temporels accentué par une scénographie en plans écrans où s’invite l’image vidéo, chère à Jean-Luc Ollivier.

Courrier des Balkans. Novembre 2006

Critiques

Oblacna Nebesa / Dark Skies est une création pluridisciplinaire qui s’inscrit dans la continuité d’une collaboration artistique internationale entre le GLOB et le Théâtre de Guerre de Sarajevo engagée il y a maintenant 7 ans. De la rencontre de ces deux équipes artistiques séparées par la langue, les frontières, mais aussi l’Europe, sont nées circulation de spectacles ainsi qu’une coproduction en 2003 (Soutenue par le festival novart) La chambre des visions / Soba od vizije. Une collaboration portée par l’énergie et l’engagement, mais aussi un « feeling » artistique partagé pour la création contemporaine.
Jean-Luc Ollivier rencontre le SARTR en 1999, et très vite, les projets avec le GLOB se mettent en place, en dépit d’un équilibre financier fragile et des difficultés rencontrées pour formaliser un partenariat international avec un pays qui n’entre pas dans les priorités des programmes artistiques européens.
Oblacna Nebesa marque un nouveau type de collaboration : le spectacle est une carte blanche donnée par le SARTR à Jean-Luc Ollivier pour assurer l’écriture et la mise en scène d’une création à la distribution entièrement bosniaque. (…) Oblacna Nebesa s’inscrit dans une continuité de recherche, et par certains aspects dans une quête rémanente au centre de l’œuvre scénique de Jean-Luc Ollivier au cours de sa carrière : la place de l’artiste par rapport à sa création d’un côté, et le mystère féminin de l’autre.
Une fois n’est pas coutume, le spectacle laisse une large ouverture au texte ; Jean-Luc Ollivier s’est inspiré des textes du Platonov de Tchekhov qui, comme le personnage du peintre d’Oblacna Nebesa, se confronte au sentiment de l’inutile, croisement entre Don Juan et Hamlet fortement imprégné de philosophie existentialiste, héros romantique contrarié. A travers l’errance de l’artiste, Oblacna Nebesa explore l’indicible, cherche les points de rupture et d’accointance entre l’artiste et sa créature-modèle, l’homme et les troubles de son parcours charnel et sensible, la passion et la haine (de l’autre ou de soi).
D’une certaine manière, on peut dire que Oblacna Nebesa commence où Soba od Vizije s’était arrêté. Le processus de création a été inversé. Le SARTR a donné carte blanche à Jean-Luc Ollivier
pour mettre en scène cette pièce dont il a signé le texte, en s’inspirant du personnage de Platonov, interprété par un magnifique Dragan Jovićić, acteur emblématique de la scène théâtrale bosniaque. Fidèle à son esthétique, Jean-Luc Ollivier a fait appel au plasticien Alain Bergeon pour imaginer et concevoir des séquences animées, dans une scénographie épurée aux couleurs tranchantes. Les femmes y tiennent un rôle prépondérant et directeur, ensorceleuses ou épousées déchues. La chair, également, y est mise à nu. Revenant à un théâtre plus « classique » mais néanmoins ancré dans
une modernité qu’il cultive (incursion de la vidéo, fil narratif, traitement de l’espace et du texte), Jean-Luc Ollivier met en scène les notions du désir, du doute, de l’abandon de soi, de la chute.

> Courrier des Balkans. Novembre 2006

Distribution