Edito

En 2016, la compagnie créait Phèdre de Jean Racine, dans la distribution originale, c’est-à-dire huit comédiens.

34 représentations dont 14 au Théâtre National de Bordeaux. 

En 2020/21, création d’un seule en scène avec Roxane Brumachon,   « Moi, Phèdre »

« Avec cette nouvelle création, je souhaite en quelque sorte réunir  deux passions, la langue de Racine et l’art de l’acteur. Dans un même mouvement, donner à voir Phèdre, le personnage, dans sa fureur et sa souffrance, et Roxane, la comédienne travaillant Phèdre, mais jouant aussi Roxane parlant de Phèdre, devenant en quelque sorte elle même un personnage nous racontant comment on aborde un rôle aussi écrasant, et aussi brûlant, qu’elle nous dise les chemins de la création au plus intime des émotions, et les peurs,  les doutes, la joie… Puis qu’elle joue et rejoue ces moments de répétition où le théâtre prend corps. »

 Trois sources textuelles pour aborder cette nouvelle création.

De très larges extraits de Phèdre de Racine.  Pour les amoureux de ce texte, mais aussi pour ceux qui le découvriraient. Extraits joués, et parfois rejoués, afin d’apprécier toutes les nuances de cette langue mais aussi exposer toute les libertés du théâtre, en mettant en lumière le principe même de l’interprétation.

La mémoire du travail de Roxane. Dans la phase de recherche, nous sommes allés creuser cette mémoire, au plus profond des émotions et des ressentis, dans le concret de ces heures de répétitions à chercher l’émotion juste. Comment jouer Phèdre ? A partir de cette question revenir sur le parcours et partager avec les spectateurs  le quotidien d’une comédienne.

Les commentaires sur leur Phèdre. Rachel, Sarah Bernhardt, Marie Bell, Maria Casarès, Valérie Dréville, Silvia Monfort, judith Malina, Dominique Blanc, Elsa Lepoivre… Par courtes séquences faire entendre et faire vivre la parole des comédiennes qui dans l’histoire du théâtre jouèrent Phèdre.

Le montage final est fait de la confrontation de ces textes, entrecroisant paroles de comédiennes avec alexandrins raciniens, de l’interprète au personnage, pour interroger le mystère même de l’art du théâtre.

 Jean-Luc Ollivier